Note de l'auteur

Ce blog évolue sans arrêt sauf pendant mes périodes de rotation à terre, aussi bien dans les articles que dans les animations sur le coté gauche. Et surtout n'hésitez pas à écrire vos commentaires en bas de chaque article.

Remarque importante: Certains de ces articles font l'objet d'une modération de ma part afin de ne pas froisser certaines sensibilités qui pourraient s'échauffer rapidement étant donné le contexte difficile de certains lieux de travail. Si toutefois malgré mes précautions, tel était le cas, ceci ne serait pas du tout intentionnel de ma part et je m'en excuse d'avance.
Please consider your environmental responsibility before printing this blog.

Chapitre 22: Le Ghana

Chapitre 22: Le Ghana

vendredi 21 juillet 2017

Les tatoués, les vrais

Bienvenue dans le monde des gros bras, du piercing et des tatoués, des vrais, pas de ceux qui se tatouent l'omoplate ou le jarret gauche avec un symbole maori ou un joli papillon, non, que ceux la restent auprès de leurs mamans, moi je parle de ceux qui se tatouent tout le corps, sommet du crâne inclus et qui ne laissent plus un seul centimètre de couleur naturelle à l'épiderme hormis peut être le visage, et encore... Ce sont ces spécimens que l'on retrouve ici à l'embarquement hélicoptère pour les diverses plateformes de la Mer du Nord. Et les rares personnes non tatouées et sans piercing font un peu tâche au milieu de cette foison d'encre délavée et de peau torturée. 

lundi 26 juin 2017

Le bateau pose câbles

Dans les bateaux peu ordinaire, il y a le bateau qui sert à installer les câbles sous marins et qui sévit depuis deux jours à proximité du notre. Le cable est enroulé dans une grande roue horizontale posée à l'arrière du bateau, est levée via un cable vers la grande roue verticale qui lui permet après de plonger droit dans l'eau jusqu'au fond marin ou les plongeurs s'activent alors pour le connecter au manifold ou au FPSO. Ces cables servent à transporter les commandes et les informations du manifold du puits.


Bouillabaisse

Il y a Oncle Fétide mais il y a aussi celui qui met 13 minutes montre en main pour faire sa bouillie du matin au petit déjeuner, mélangeant pommes chauffées au micro-onde, œufs durs, flocons d'avoine, lait, weetabix ou du moins quelque chose d'avoisinant, chocolat, sirop de sucre et je ne sais quoi d'autre et qui bloque tout le passage sans bouger d'un centimètre pour fignoler son infect mélange. On l'a naturellement surnommé Bouillabaisse.

vendredi 23 juin 2017

Oncle Fétide

Déjà avant, on était sur qu’il n’avait pas inventé le couteau à couper le beurre, avec son air obtu. Ses rares neurones semblaient être tombées aux tréfonds du néant, avait il même le souvenir de les avoir égarées. On en doute. Alors quand il est arrivé avant-hier, le crâne complètement rasé, on n’a pas pu s’empêcher de le surnommer “Oncle Fétide” de la famille Adams. Le même regard hagard, la même lueur d’humanité, le même regard apaisant respirant l’intelligence du rocher qui s’est détaché de la falaise et qui se demande ce qu’il fait ainsi au milieu de nulle part. C’est ainsi que nous devons regarder chaque matin, celui qui, assis en face de nous est censé être notre site manager, du moins depuis les bureaucrates Italiens. Ce qui explique un peu mieux pourquoi, quand on leur parle d’un problème, ils nous expliquent les choses comme si on était de la même famille (Adams).. 

jeudi 22 juin 2017

Les français à la recherche de l'or noir (reportage France 2)

C'est pas là ou je suis, mais la ou sont pas mal de mes collègues (sur le FPSO Moho au Congo). Pour un aperçu de mon taf...
http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-les-francais-du-dimanche-28-mai-2017_2201132.html

samedi 10 juin 2017

Balade au bout d'un filin

Faire une balade entre deux bateaux assis dans une cabine baladée par une grue, ça vous tente? Ou préférez vous petit plongeon en sous-marin lui aussi accroché à un filin au bateau soudeur de pipelines Polar-X. Quant à moi je préfère rester sur le John Agyekum Kufuor (ou JAK), le nom officiel de ce FPSO en attendant un petit trip (encore lointain) en hélicoptère qui me ramènera fin Juin début Juillet sur la terre ferme.
Transfer de personnel entre le Bourbon Péridot et le FPSO JAK

Le Polar X spécialisé dans l'installation de Pipeline avec le sous marin actuellement en plongée (voir la grue sortie à gauche du canot de sauvetage)

Le FPSO JAK
Vue sur la base vie principale du JAK (ancient tanker recyclé)

Selfie
Le Bourbot Peridot

Autre vue du Polar X (la nuit)

jeudi 8 juin 2017

Brûler les étapes

Ici, tout le monde veut aller vite pour respecter leur planning et que la hiérarchie soit contente mais pour cela ils veulent brûler toutes les étapes et font vraiment n'importe quoi. Ils nous font rester tard un soir jusqu'à 22h pour soit disant démarrer un moteur pour quand ils s'aperçoivent qu'il y a des problèmes zapper sur autre chose le lendemain, vouloir faire les tests de pression qui se font à la fin avant que la mécanique soit finie pour revenir après sur celle-ci, demandent de court-circuiter certains tests qui prennent du temps et pensent que tout se démarre en une journée. Bref, la pagaille la plus complète, avec deux ou trois personnes débordées qui courent partout entre plusieurs installations et des fournisseurs différents et ceux qui s'en foutent que l'on ait déjà enquillé 12 heures de travail dans la journée et qui ont même demandé à mon prédécesseur de rester le soir jusqu'à onze heures du soir pour revenir le lendemain à 4 heures du matin.

mercredi 7 juin 2017

Le bon sens du vent

Pécheur Ghanéen, n'est point un métier de tout repos, loin s'en faut. Vous me direz, ce métier n'est pas de tout repos pour n'importe quel pécheur dans le monde. Sauf que eux, ne sont pas dans un chalutier ou un navire équipé des équipements de base leur permettant de rester en mer dans des conditions acceptables. Eux, ils sont quatre dans une barquasse motorisée avec aucun coin pour s'abriter contre les intempéries pourtant nombreuses en cette saison, sans aucun endroit pour se soulager que en se mettant accroupi sur le rebord de la barque en espérant que le vent souffle du bon coté et ce pour plusieurs jours loin de chez eux car ceux qui naviguent autour du FPSO en espérant ramener suffisamment de prise pour leur assurer un maigre pécule se trouve à au moins 8 ou 10 heures de la côte. Mais ils sont là, arborant fièrement leur drapeau de n'importe quel pays qui est plus là pour un souci esthétique et de différentiation entre les navires, au point de peut être ne même pas savoir à quel pays appartient celui-ci, c'est ainsi que l'on peut voir des drapeaux canadiens, espagnols, anglais, laotiens, sri lankais et même un drapeau israélien. 

mercredi 24 mai 2017

Ariane mais pas espace

Lundi prochain, départ pour le Ghana pour une mission Offshore mais avant de partir, je dois m'inscrire sur le site Ariane du Ministère des Affaires Etrangères, et là, voilà ce que j'apprend sur le pays:


Sécurité




Dans le contexte des attentats de Bamako, Ouagadougou et Grand-Bassam, il convient de tenir compte de la menace terroriste régionale sur les pays d’Afrique de l’ouest, y compris le Ghana. Une vigilance accrue est nécessaire.
Les conditions de sécurité sont acceptables dans la majeure partie du pays. Néanmoins, et indépendamment de la menace terroriste, il convient de demeurer vigilant dans les zones suivantes :
Nord Est
Les heurts ethniques ou inter-chefferies, parfois violents, sont récurrents dans le Nord-Est du pays. Ces dernières années, des couvre-feux contraignants ont ainsi, à plusieurs reprises, été établis dans les villes de Bawku et de Yendi notamment, mais aussi plus récemment à Bunkpurugu et Bimbilla. Il est donc conseillé de se renseigner préalablement sur l’état de la situation avant de se rendre dans ces villes.
Aéroport et postes frontières
A l’aéroport international d’Accra et aux postes frontières d’Aflao (Ghana-Togo), veiller à protéger ses documents de voyage et ses bagages. Il est recommandé de n’accepter l’aide que des porteurs en uniforme munis d’un badge officiel, et de n’emprunter que les taxis officiellement répertoriés.
Grand Accra
Dans le Grand Accra (Accra et ses environs), éviter de circuler à pied ou en taxi la nuit, notamment dans les quartiers populaires comme Nima ou Jamestown. Dans les rues commerçantes (Osu) et dans les zones résidentielles (Cantonment, Ridge), les vols à la tire ou à l’arraché, parfois violents, sont relativement fréquents. Il est déconseillé de circuler à pied de nuit dans ces quartiers.
Il est recommandé de manière générale de ne rien laisser de visible ou de valeur dans les véhicules à l’arrêt. Il est aussi recommandé d’être vigilant au moment d’un retrait d’espèces auprès d’une banque ou d’un distributeur, déconseillé de nuit. Lors des déplacements motorisés, il est recommandé de faire preuve de vigilance, notamment de veiller à ne pas être suivi par un véhicule (automobile, moto) en particulier la nuit.
Ces recommandations s’appliquent dans toutes les grandes villes du pays (Kumasi, Tamale, Takoradi…).
Plusieurs agressions violentes ont été signalées sur la plage de Kokrobite située à 25 km à l’ouest d’Accra, y compris en journée. Il est recommandé de faire preuve d’une vigilance particulière et de ne pas s’éloigner de la zone des hôtels et restaurants.
Pour les personnes devant s’installer à Accra, il est recommandé, par mesure de précaution, de se munir d’un système de gardiennage sûr.
Traversée du lac Volta
Chaque année des naufrages se produisent sur le lac Volta, principalement en raison des conditions météorologiques et du mauvais état des embarcations. Il est, par conséquent, conseillé d’éviter de traverser le lac ou, en tout état de cause, de s’assurer au préalable que l’embarcation dispose d’un minimum de dispositifs de sécurité tels que gilets de sauvetage en nombre suffisant et radio de bord.
Recommandations s’appliquant à l’intégralité du pays• Les vols de sacs et de téléphones portables sont de plus en plus nombreux dans les villes comme sur les plages. Il convient d’être extrêmement vigilant y compris dans les chambres d’hôtel.
• Il est recommandé de ne pas utiliser de cartes de crédit à l’exception des distributeurs des banques, des cas d’escroquerie ayant été recensés. Il est préférable de régler les dépenses en espèce.
• Il convient de demander l’autorisation avant de filmer et de photographier des personnes ou des bâtiments publics.
• Fumer est interdit par la loi dans les espaces publics, à l’exception des zones désignées à cet effet. De manière générale, fumer est socialement mal considéré au Ghana.
• Les visiteurs sont mis en garde contre les achats d’or à des organismes autres que le "Precious mineral marketing co.ltd", ou contre toute proposition écrite ou orale de transfert de fonds ou d’opération douteuse de change.
Une recrudescence des cas d’escroquerie par l’intermédiaire de sites de rencontre sur Internet, mettant en cause des personnes supposées résider ou de passage au Ghana, a été signalée. Il convient de faire preuve de la plus grande vigilance à l’égard de toute sollicitation d’envoi de fonds pour des motifs divers (paiement du billet d’avion, frais d’hospitalisation, frais de caution après une arrestation…). La véracité des faits peut éventuellement être vérifiée auprès de l’ambassade de France à Accra préalablement à tout envoi d’argent.
Bref, rien à signaler.

vendredi 28 avril 2017

E.T. goes home

À force de regarder l'horizon monotone ou seules les torchères des autres plateformes illuminent le ciel et quelques super tankers découpent leur formes sur la ligne de séparation entre l'eau et le ciel avec comme rare spectacle un banc de dauphin qui croise au large, on oublie presque que la terre ferme existe un peu plus loin derrière cette ligne plate qui semble signer la fin du monde. Aussi quand par miracle on finit par s'élever en l'air au dessus du tarmac par la seule force des pales du carrosse dans lequel on se trouve harnaché et que celui-ci se met à survoler le delta du Niger aux milliers de méandres dont hélas beaucoup laissent trainer des traces d'hydrocarbures, on se met à respirer. Enfin la civilisation, le retour vers l'humain autrement que celui en combinaison orange et avec un casque de chantier sur la tête ou celui virtuel que l'on retrouve tous les soirs à travers l'écran de son ordinateur ou de la télévision. Et c'est apaisé que l'on se retrouve à circuler à travers les bouchons cauchemardesques de Port Harcourt en direction de l'aéroport. Et ce n'est pas l'épreuve harassante des contrôles interminables de l'aéroport ou l'on doit montrer plus de vingt fois son passeport, son bagage ou son boarding pass et décliner à chaque fois les demandes insistantes pour un petit chop chop ou pourboire en argent sonnant et trébuchant qui va entamer cette sérénité. Le salon Air France dernière étape Nigériane avant de décoller vers ma destination finale. 
E.T. goes home.

mardi 25 avril 2017

Estomac mis à rude épreuve

La qualité culinaire a sérieusement baissé depuis mes dernières rotations deux ans plus tôt, et ce pas seulement en ce qui concerne le choix et le goût mais aussi par rapport à l'hygiène. Les distributeurs de produit antiseptique disposés à l'entrée de la cantine sont désespérément vides et mon estomac tout comme celui de mes collègues est mis à rude épreuve. Quant au choix, disparus les yaourts au petit déjeuner, disparition également des fruits locaux avec comme seul choix des pommes vertes importées et insipides, le café est devenu imbuvable depuis que les machines à café sont toutes approvisionnées avec des grains parfumés à la cardamone, les plats sont servis froids avec une prééminence de poulet archi sec et de boulettes de viandes soupçonneuses, jamais le moindre poisson sauf à aller se servir côté cuisine nigériane, les salades sont réduites au strict minimum avec quelques feuilles de chou et deux ou trois oignons. Du côté de la cuisine locale ce n'est pas mieux avec un gari (pâte de manioc) gras et peu appétissant, du poisson frit hyper sec et des viandes pleines de gras. 

jeudi 20 avril 2017

Un monde chaotique

Changement de plateforme. Après être allé sur Ofon puis sur Amenam (photo ci dessous) Me voici reparti sur Ofon (deuxième photo) jusqu'au 5 mai. Entre les deux, un petit crochet par le village Total, petit havre d'expats et de Nigérian privilégiés dans un monde chaotique et assez dangereux pour les expatriés qui ne peuvent circuler que sous escorte armée. En offshore on se sent en sécurité mais il ne faut pas s'y fier. La plateforme toute proche d'Amenam est arrêtée depuis six mois suite à un attentat des forces armées rebelles du delta du Niger. Alors on se fie aux frégates de l'armée Nigériane qui tournent en permanence autour de la plateforme et on évite d'y penser.


mardi 18 avril 2017

Dur de savoir ce qu'un squelette décomposé peut aimer.


Salvation ministries, Heaven's diplomats, God's mercy, Let's Jesus enter in you, School of glory, God's power... les affiches géantes pour telle ou telle église inondent l'horizon de Port Harcourt, sans compter les petites pancartes où les noms de magasins style "God's good cars" ou "Jesus mercy supermarket". J'ai même vu sur la plateforme, un Nigérian portant un T-Shirt "Jesus loves everybody". Dur de savoir ce qu'un squelette décomposé peut aimer. 

vendredi 7 avril 2017

De l'excellence à la médiocrité

Retour au Nigéria pour une mission multi plateformes cette fois avec une petite escale à chaque fois à Port Harcourt entre les deux plateformes. Pour l'instant je suis dans la première plateforme ou j'étais déjà il y a deux ans maintenant pour faire le commissioning. Pas grand chose de changé, des têtes sont parties, quelques nouveaux mais le noyau dur du personnel est toujours là, sauf hélas le chef cuisinier libanais qui faisait des si bon repas et le niveau général de la prestation hôtelière s'en ressent gravement. On est passé de l'excellence à la médiocrité et la pauvreté des choix. Mais bon, c'est encore mangeable et toujours meilleur que sur la barge "Jascon 28" ou j'avais atterri pendant la phase de commissioning et ou on crevait littéralement de faim.

dimanche 26 février 2017

Les travailleurs de l'ombre

Quelque part au dessus de la Turquie après avoir survolé le Golfe Persique et l'Iran et avoir soigneusement contourné l'Irak, je peux écrire ce post, grâce à la technologie satéllitaire mise à la disposition par KLM aux usagers des vols long courriers. Pas passé énormément de temps aux Émirats, une petite semaine, juste le temps pour équilibrer un compresseur. Séjour terminé par un saut relaxant d'une journée à Dubaï. Dubaï, la ville des extrèmes entre le démesuré, le bling bling, le délirant et ceux qui tout en bas font tourner tout ce rouage dans l'ombre, les esclaves du monde moderne, ceux qui meurent sur les chantiers de construction démeusurés ou qui se retrouvent à la merci de leurs maîtres sans passeport ni argent. Ceux qui essayent de vendre dans des souks se trouvant parfois a deux heures de route de leurs camps où ils sont parqués à 10 par chambre. Ces Indiens, Pakistanais, Népalais, Bengalis, Sri Lankais ou Philippins qui ont laissé derrière eux leur famille dans l'espoir d'une vie meilleure et qui par leur travail harassant de chaque jour ont permis que je prenne ces photos au sommet du Burj Khalifa, dans le souk ou à l'aquarium de l'hôtel Atlantis. Je leur rend hommage. 

mardi 21 février 2017

Rien à part du sable

Après une nuit en avion en classe éco donc avec nuit blanche assurée et une arrivée matinale à l'heure des bouchons, j'ai juste eu le temps d'aller faire ma demande de permis de travail au bureau à Abu Dhabi, m'écraser 3 heures à l'hôtel pour tout de suite repartir directement sur le site en plein désert à 2h30 de route de la ville d'Abu Dhabi. Toute cette urgence, pour une fois au camp formé de containers j'apprend que je ne pourrai pas aller sur le site avant plusieurs jours, le temps que mon permis soit établi. D'habitude on attendait à l'hôtel à Abu Dhabi ou l'on pouvait profiter de la piscine, de se balader sur Dubaï ou Al Aïn. Ici, il n'y a rien à part du sable.

jeudi 19 janvier 2017

Photos souvenir

Dernier jour sur le site pour cette rotation. 
Les photos souvenir de l'équipe 

lundi 16 janvier 2017

Tais toi et meule

Quand on se pose sur le quai avec vue sur le FPSO comme sur la photo ci-dessous, l'énorme bateau bleu, on entend en continu la complainte du meuleur fou qui toute la journée active sa meule quoi qu'il se passe. Tais toi et meule telle est sa devise. 
Devant le quai, le parc à vélo pour que les meilleurs fous puissent rentrer se pinter la gueule au soju, leur alcool de riz qui les maintiennent titubant jusqu'à une heure avancée de la nuit. 
Pour revenir le lendemain meuler, souder ou frapper sur une coque ou sur n'importe quel morceau de métal qui deviendra un jour peut être un monstre des mers comme ce futur porte container juste devant notre container qui fait office de bureau. 

lundi 26 décembre 2016

Un embouteillage de rennes volants

Noël à 10000 mètres au dessus de Moscou, le Lac Baïkal, Oulan Bator et Pékin au dernier étage du A380 de la Korean Air. Parti le 24 au soir pour arriver 24 heures plus tard à Busan puis Okpo sur l'île de Geoje après un ultime voyage de une heure en taxi et aucun renne volant en vue ni aucun barbu habillé par Coca Cola. Pourtant, même si nous n'avons pas survolé la Laponie, il aurait du y avoir un embouteillage de rennes volants et de barbus patibulaires en provenance de ces contrées enneigées.. 

mardi 6 décembre 2016

Kung-fu

Dernier jour de la rotation. Je reviens ici le jour de Noël passant le 24 et Le 25 dans l'avion. Bon, faut dire qu'en 10 ans travaillant dans l'Oil & Gas, c'est la première fois que je suis de corvée pour les fêtes, je n'ai pas à me plaindre et certainement pas à propos de la destination. Cette rotation a été très enrichissante et j'avoue avoir une opinion pas mal positive sur le pays. Question boulot, il y a une bonne ambiance de travail surtout entre collègues et avec le client final. Avec les Coréens sa ce passe plutôt bien même si parfois il faut ne pas trop les brusquer et savoir leur expliquer ce que l'on veut de façon diplomatique car il ne faut jamais attaquer un Coréen de front. Un collègue sur un autre chantier ici même en a eu marre d'expliquer cinq fois la même chose à la même personne et a fini par être un peu brusque. Puis il est parti sur le pont du bateau fumer une cigarette quand soudain il a vu le Coréen arriver comme une furie pied en avant à la Kung Fu prêt à frapper. Par reflex, il s'est baissé pour esquiver et l'autre est passé par dessus bord à la flotte. Quand il a raconté celà, on était mort de rire. 

mardi 29 novembre 2016

Fumeur à heures fixes

Les Coréens sont des fumeurs gros calibre qui fument à heure fixe imposée par la direction et donc chaque jour entre 10:00 et 10:10 et entre 15:09 et 15:10 le pont central du bateau se transforme en gigantesque salle fumeur ou tous les Coréens et les fumeurs expats viennent craboter la ou il était strictement interdit de le faire 10 minutes avant.  Pourtant quand le FPSO arrivera à sa destination finale dans les eaux australiennes, il en sera tout autre car l'ensemble du bâtiment sera entièrement non fumeur. Alors que les autres FPSO ou plateformes du monde entier ont toujours une petite salle ou les esprits entoxiqués viennent s'encrasser un peu plus les poumons, ici réglementation australienne obligé, il n'y aura rien. Aussi le nombre fe candidats à une mission offshore sous les tropiques se réduit comme une peau de chagrin. 

samedi 26 novembre 2016

La fourmilière de meuleurs fous, de peintres shootés aux effluves et de soudeurs invétérés

Le FPSO doit partir officiellement fin décembre mais tout le monde sait que ce sera pour le mois de février. La fourmilière de meuleurs fous, de peintres shootés aux effluves et de soudeurs invétérés ne va pas disparaître du jour au lendemain. On en est qu'aux balbutiements des essais des machines et il reste beaucoup à faire avant que le FPSO soit remorqué jusqu'à sa destination finale, à mi chemin entre Perth et Darwin à deux heures trente en hélicoptère au large de Broome petite ville au milieu de nulle part dans le désert de la côte ouest de l'Australie. 

mercredi 23 novembre 2016

Circuler en Corée

Circuler en Corée peut être parfois déroutant pour un européen. Les feux de circulation par exemple. Ici quand Le feu est rouge tu t’arrêtes...sauf si tu tourne à droite ou, système à l’américaine, il faut ne pas s’arrêter. Quand Le feu est vert on avance... sauf si on tourne à gauche ou là, il faudra attendre la flèche verte pour avancer. Quant au rouge clignotant c’est notre orange clignotant. Le vert et l’orange en même temps par contre reste une égnime car on peut avoir l’orange qui s’allume en plein milieu du vert pour disparaître après et le vert continuant. En dehors des feux, autre règle déroutante, les priorités vont du plus gros au plus petit, ce qui fait que le piéton ne passe que quand la voie est entièrement libre. Les limitations de vitesse aussi ou les autoroutes sont limitées à 80km/h alors qu’en pleine ville, c’est limité à 70 et exceptionnellement à 60 quand c’est étroit ou sur les ponts autoroutiers.  De toute façon quand on respecte, on se fait doubler par n’importe qui, voiture, bus ou camion. Enfin, autre élément imprévisible, le cycliste qui roule n’importe où sur la voie et si possible avec la béquille non rabattue. 

dimanche 20 novembre 2016

Humiliation

Que le Coréen aime faire du tourisme sous nos latitudes n’a rien de surprenant même si nous avons, du fait de notre ignorance, une fâcheuse tendance à le confondre avec un Japonais voir même un Chinois. Que ce même Coréen en fasse chez lui peut paraître normal. Mais qu’il le fasse avec une telle assiduité et dans une telle affluence alors que l’on se trouve hors saison a de quoi surprendre. Pourtant les plus surpris sont en fait eux, lorsqu’ils découvrent que nous venons de si loin pour apprécier les mêmes choses qu’eux. Faut voir leurs sourires radieux quand nous leur disons, à ceux qui parlent l’anglais, que nous sommes très content de découvrir leur pays. Certains quand ils apprennent nos origines, s’essayent à quelques mots hésitants de français « Comment allez vous ? »  Ce qui est particulièrement agréable ici, c’est leur politesse et leur serviabilité envers les étrangers. Même s’ils ne parlent aucun mot d’anglais, ils gardent le sourire et essayent de nous aider du mieux qu’ils peuvent. Par contre, ils sont très choqués si on se met à critiquer ouvertement ou râler. Ici, on ne crie pas, on ne gueule pas, on ne râle pas. Si on doit critiquer, il faut toujours que la personne en face ne perde pas la face, ne se sente pas humiliée. L’humiliation étant la pire des punitions. Ne pas dire : « ce que tu as fait n’est pas correct » même si c’est de la merde mais dire « tu as fait un bon travail mais on pourrait encore l’améliorer en faisant comme ca ». 

jeudi 17 novembre 2016

Le FPSO

Le FPSO sur lequel nous travaillons fait 340 mètres de long, 70 mètres de large et pour monter sur le pont principal depuis le quai on prend un ascenseur qui monte 7 étages. La coque étant en partie un grand réservoir à brut, une grosse partie de celle-ci s'enfoncera dans l'eau mais de la ligne de floraison au pont on a bien 3 étages d'un immeuble. À cela, il faut ajouter 5 étages de machines de toutes sortes et bien entendu nos compresseurs sont tout en haut et les armoire trois étages sous le pont principal dans la coque. Et pas d'ascenseur dans le FPSO donc quand on doit faire des aller-retour entre les deux, les jambes sont soumises à rude épreuve tout comme le souffle, surtout au début. 
Petite vue piquée sur internet du bateau (on n'a pas le droit de prendre de photos) qui permet de voir la taille du navire. Ici il était dans une phase de construction beaucoup moins avancée et les modules de production n'étaient pas encore posés. Et quelques photos de la construction (bien avant mon arrivée):




mercredi 16 novembre 2016

Une attitude toute à fait normale.

Sortir manger le soir avec son blouson réfléchissant? Aller à un mariage en bleu de travail? Se promener le dimanche en pompes de sécurité? Demandez cela à un français, il vous rira au nez tandis que pour le Coréen c'est une attitude toute à fait normale. 

mardi 15 novembre 2016

Un grand chef n'est pas sur site mais au bureau

Les Coréens sont très disciplinés à un point qui peut parfois être assez gênant, style vouloir demander à sa hiérarchie quoi faire alors que l'on est dans un cas d'urgence ou il faut arrêter immédiatement la machine et de demander pourquoi on a pris l'initiative de l'arrêter sans leur permission. Obligé de leur expliquer que si on ne l'avait pas fait, peut être qu'ils n'auraient plus de machine aujourd'hui mais est-ce qu'ils ont compris que nous étions les propriétaires des dites machines et que c'était nous qui décidions ce qui était bon ou mal pour elles? Cela n'a pas l'air d'entrer dans leur conception des choses. Pour eux, seul un grand chef peut prendre ce genre de décisions et un grand chef n'est pas sur site mais au bureau. 
La discipline fait également que chaque jour à heure fixe une musique horrible crache à travers les hauts parleurs avec des ordres robotisés et que tous les Coréens se mettent à faire leur gymnastique. 

Au boulot


lundi 7 novembre 2016

Un militaire à la retraite en mal de son commando

Quand on travaille en Corée, on entend en début de matinée et d'après midi une musique un peu répétitive avec des sons jetés comme par un robot ou un militaire à la retraite en mal de son commando. Puis on voit les Coréens attroupés en cercle en train de faire tous les même gestes. C'est l'heure de la gymnastique officielle. C'est assez surprenant de voir comment ils suivent tous le même rituel avec la même discipline. Il n'y a pas de tire au flanc, ils sont tous là à s'appliquer à faire le même geste que celui exigé par le haut parleur.

vendredi 4 novembre 2016

Snapper

Aujourd'hui je pense avoir goûté et mangé le meilleur poisson de ma vie. Snapper fish cuit au four dans une papillote de papier de riz aromatisé aux herbes, citron, tiges d'une herbe ressemblant au bambou mais plus fin et plus parfumé et goûteux le tout accompagné de mâche, de nouilles très fines de soja et d'une sauce divine dont hélas je n'ai aucune idée ce que c'est. Les autres collègues préfèrent se cantonner aux restaurants pour expats ou on leur sert leurs steaks et pièces de barbaque. Autre plat magique facile à faire lors d'une soirée barbecue: prendre un ananas et enlever l'écorce, l'enduire de sucre et l'embrocher par son centre puis Le faire cuire au barbeuque en n'oubliant pas de tourner. Le barbeuque ne devant pas cracher de flammes. Une fois la surface bien marron de tous les côtés, prendre un couteau et faire des lamelles sur la surface. Manger. Une fois toute la surface de nouveau jaune, répêter l'opération.  

jeudi 3 novembre 2016

Le hameau des pèquenauds

Goeje, la deuxième plus grande île de Corée est l'univers de Samsung et Daewoo pour les chantiers navals. Ici, c'est Daewoo Shipboats Maritime Engineering, Samsung se trouvant de l'autre côté de l'île. 159 Km plus au nord, sur la terre ferme à Uslan, c'est le royaume de Hyundai. Chaque "Ship Yard" ou "chantier naval" est gigantesque. Les Coréens se targuant de pouvoir sortir du tard un navire par jour. Chez Daewoo, concurrence Chinoise et Malaisienne oblige, tout n'est pas rose car ils viennent de licencier 3000 personnes mais il ne reste pas moins de 12.000 employés travaillant sur le yard. Ce qui fait 25.000 personnes avec les externes. On construit de tout, du navire de guerre au porte container, le navire foreur, la plateforme, les FPSO navires usines, les super tankers. Le dock s'étend tout autour de la baie avec les énormes grues, les engins à mille roues transportant des bout de coques aussi hauts qu'un immeuble de cinq étages. Une fourmilière de casques jaunes, des bouts de tôles de toutes sortes et formes, des modules entiers de plateformes, des hélices presque aussi grandes que la longueur d'un autobus, des peintres accrochés à la coque du dernier sorti pendus au dessus de l'eau , des ouvriers s'entassant en rang sérrés sur cinq épaisseurs et autant longueurs de bus attendant le bus pour repartir ou alors ceux s'entassant sur la petite place pour faire leur gym sous les hauts parleurs cadencés au rythme militaire. C'est tout cela et encore plus car il faut être sur place pour se rendre compte du gigantisme du lieu. Saint Nazaire à coté c'est le hameau des pèquenauds. 
Les docks, c'est toute la surface grise de la photo excepté complètement à gauche ou la ville apparaît. Le FPSO sur lequel je travaille est tout au bout du quai sur la droite du dock. 

vendredi 28 octobre 2016

Italie


Pas un seul article depuis Septembre, j'avoue que j'ai failli. Mais l'activité professionnelle a été un peu ralentie ces derniers temps mis à part deux petit passages en Italie. Le premier à Sannazzarro, partie déshérité de la Lombardie ou seule la présence d'une raffinerie peut expliquer la présence persistante de la race humaine à cet endroit et une petite semaine de formation à Florence qui elle a été riche d'enseignement, aussi bien professionnel que culturel. J'aurai du poster mes impressions à ce moment là, mais j'ai préféré utiliser un autre support médiatique pour faire partager ce que je voyais, ma page facebook. Mea Culpa

La raffinerie de Sannazzaro

jeudi 8 septembre 2016

Google Car

Jeudi soir 18:00, tout est prêt, le sac est fait, le check-out à l'hôtel est terminé, le gros 4x4 humer affrété par l'hôtel pour nous rendre à l'aéroport est là, le voiturier y a installé nos bagages et nous nous sommes installés confortablement dans ce mastodonte. Ne voyant point de chauffeur venir, dans un premier temps, nous nous sommes posé la question s'il s'agissait ou non d'une Google car mais finalement le chauffeur dans sa livrée  aux armories de l'hôtel a fini par pointer son nez et nous voici parti dans les méandres autoroutiers jusqu'à l'aéroport international. Les choses se sont corsées lorsque nous approchâmes du dit aéroport et que nous réalisâmes que nous n'étions point les seuls à nous rendre en ce lieu, synonyme d'échappatoire pour les nombreux expatriés qui enfin pouvaient profiter des dix jours de vacances octroyés par le gentil gouvernement pour que tout bon musulman puisse en profiter pour égorger un pauvre mouton qui n'avait pas vu le coup venir, le calendrier de l'Aïd el Kebir ne lui étant point parvenu par la poste, les moutons ne disposant pas de ce service. Les expatriés mais pas seulement car nombre de voitures doublant n'importe comment en roulant sur les bandes d'arrêt d'urgence et à coup de Klaxons rageurs sont pilotées par des enrubannés accompagnés de leur suite niqabidée et de leur marmaille qui bien sûr n'est point attachée. Leur destination est sûrement officiellement celle où se rend tout bon musulman pour faire le hadj mais il n'est pas certain qu'on ne les retrouve pas sur la Riviera ou à Bahreïn pour s'empiffrer d'alcool et ainsi soulager leur côté obscur de la force qui est en eux. Il n'y a qu'à voir la queue carabinée pour le comptoir des Emirates et celle des compagnies aériennes européennes puis voir le vide sidéral au comptoir de la compagnie Saudi Airlines pour s'apercevoir que je ne suis pas loin de la vérité. Le Koweit vous souhaite bon voyage.

Des écailles et des nageoires

Une fois le souk traversé de long en large et en zigzag entre les échoppes de burka et celles des turbans, les fausses montres Rolex et le dernier Samsung, je déboule soudain au beau milieu des écailles et des nageoires en tout genres, exposés à même le marbre. L’odeur de la mer s’imprègne au plus profond des tripes. Tripes que l’on ne tarde pas à trouver dans la salle suivante entre les côtes et les mares de sang. Je traverse très vite cette abondance de chair morte en essayant en vain de ne pas être atteint par les effluves sanguinolentes pour enfin ralentir le pas et admirer ces formes diverses aux couleurs ensoleillé des fruits exotiques contrasté par le noir des niqabs et le blanc des djellabas se frayant un chemin au milieu des étals bigarrés. Et si les terrasses avoisinantes sous cette chaleur torride et moite de cette fin de soirée m’inciterait à commander une pinte bien fraîche de cervoise amplement méritée, la situation géographique du lieu fait que cette denrée est hautement prohibée, aussi dois je me rabattre sur un surprenant Jallab, un sirop de dattes accompagné de pignons qui je dois l'admettre s’avère tout à fait réjouissant. Tandis que je savoure le beuvrage, je ris jaune de voir avec quelles contorsions les femmes s’évertuent pour manger en soulevant leur voile facial sous l’œil impassible du mari aux multiples épouses qui reste pendu à son portable. C’est vrai que je suis au Koweït.

jeudi 2 juin 2016

Les migrants et les ragondins

Ici, il y a un camp principal relativement confortable, plusieurs camps subalternes plus ou moins insalubres et les hôtels en ville à 35km d'ici. Le camp principal est réservé à tous ceux qui ne travaillent pas ou restent le cul assis sur une chaise, les nantis. Bien sûr c'est exagéré, il y a aussi 20 à 25% d'exploitants et quelques utiles. Officiellement c'est pour le client final. Après il y a le camp secondaire ou ceux qui travaillent sur le site sont logés, c'est à dire les membres du client final qui ne restent pas assis sur leur chaise et les sous traitants ou vendeurs comme nous. Enfin dans les plus insalubres, il y a le personnel de nettoyage, cantine, gardiens... Ceux représentant le client final mais qui sont au camp secondaire ont le droit de manger dans le camp principal aux standards culinaires nettement plus élevés. J'avais le priviliégée d'être de ceux là mais les superviseurs mécaniciens de la même société n'avaient pas accès à la cantine du camp principal. Dans un souci d'équité, j'ai fait la demande pour le premier mécanicien, demande qui après une semaine de navette de mails a fini par être accordée. On allait donc manger le soir à la cantine du camp principal puis on prenait notre bus pour retourner au camp secondaire y passer la nuit. On a eu ce privilège bien agréable une petite semaine et quand le remplaçant du mécanicien est arrivé, j'ai naturellement demandé à ce qu'il ait les mêmes droits. Et là, refus catégorique sous prétexte qu'étant hébergé dans le camp secondaire il devait manger dans le camp secondaire. Je montre alors le mail d'acceptation du premier mécanicien et demande pourquoi cette différence. La différence était juste que la personne qui avait accordé était en repos remplacée par son vis à vis. Mais le mail que j'avais envoyé à celui qui s'occupait de nous ici a finit dans les mains d'un grand ponte du camp qui a pris la mouche et à décidé dans un souci d'équité absolu d'enlever l'accès au camp principal à tout le monde de notre société. Malgré les mails de notre chef de projet appuyant notre demande, rien à faire, sous prétexte de calcul de quantités de repas à servir nous sommes condamnés à manger au camp ou l'on dort et tant pis si dans le calcul des repas ne sont pas pris en compte tous ceux du client final qui mangent au camp principal. Le souci d'équité à des limites et ne s'applique qu'aux citoyens de seconde zone, les migrants et les ragondins. 

vendredi 27 mai 2016

Les plumes mais pas le goudron

Je suis allergique à pas mal de choses, le pollen, la poussière, le bouleau, parfois le boulot aussi et les plumes mais pas le goudron. Quand je suis arrivé ici, j'ai commencé à tousser et j'ai mis cela sur le compte de la clim mais c'est allé en empirant jusqu'à que je m'aperçoive que je dormais sur un oreiller en plumes, cause de mes problèmes qui devenaient assez inquiétants. Donc m'en apercevant vers 23h je file à la réception, explique au camp boss que j'ai besoin de changer d'oreiller et que je veux voir le médecin pour qu'il me donne des anti-histaminiques. Le médecin arrive et ne parle pas un seul mot d'anglais. Après le peu de paperasserie, il farfouille dans ses médocs et il me montre par gestes qu'il souhaite me piquer la fesse, me pique celle ci avec je ne sais pas quel produit puis s'affaire sur une autre seringue et me demande cette fois de montrer mon bras pour faire une intraveineuse. Il serre un garrot, cherche mes veines, ne les trouvent pas, met le garrot sur mon poignet et cherche les veines sur ma main, Il me charcute ma main à deux endroits, créant des hématomes pour finalement abandonner et changer de produit et de seringue, me remontrer les fesses et me la planter dans la droite. Puis il me donne deux type de cachets et me montre un 6 avec ses mains, je comprend qu'il faut en prendre un de chaque à six heure du matin et me dit quelque chose en russe pour la suite et donc je ne saurai pas quand. Je fais Da et il me montre la sortie et je m'en vais. Content de ne pas être plus malade que ça, des fois qu'il commençait à sortir la disqueuse et le marteau piqueur...Mais le fin mot de l'histoire, c'est quand le lendemain, je suis revenu dans ma chambre, j'ai vu qu'ils m'avaient changé mon oreiller comme demandé par un tout beau tout neuf, et en quoi? Je vous le donne en mille... en plume! Pas d'oreiller en mousse, que des plumes. Donc je me suis fait emplumer bien profond et je dois dormir le reste du temps sur un coussin fait de T shirts.

lundi 23 mai 2016

Nuit debout

Pénurie d'essence, grèves à répétition, violences policières ou aux policiers, nuit debout, passage en force des lois et des matraques, discours haineux contre ceux qui osent contester, comme tout cela semble loin vu d'ici où les seuls défilés organisés sont ceux des grenouilles qui croassent, où les bombes ne sont point lacrymo mais anti-moustique spécial tropiques, où les grévistes sont ceux qui n'ont pas d'accès badge, où la seule pénurie connue est celle du travail, où le flic ne tape point sur le manifestant mais le refoule pour cause de rasage mal fait et où la nuit personne n'est debout mais la journée tout le monde reste assis.

mardi 17 mai 2016

Mosquito Swamp

La baie des moustiques en Haïti est célèbre pour être un lieu ou Christophe Colomb aurait débarqué. Mosquito Bay du même nom à Porto Rico est quant à elle une baie magique ou un phénomène bioluminescent éclaire la mer une fois la nuit tombée. Quand on enlève ce mot Baie ou Bay et qu'on le remplace par Marécage ou Swamp, cela devient nettement moins magique sauf peut être pour Shrek. Le marécage à moustiques. Et bien justement, c'est ici. Au milieu des steppes kazakhs dans le delta de l'Oural baigné d'étang salés et de mares stagnantes, le moustique se développe à souhait et rien ne l'arrête même pas les nuées de têtards et de grenouilles qui pullulent aussi dans les mares et que l'on essaye surtout de ne pas écraser quand elles s'aventurent en dehors de leur élément aquatique. On a beau s'arroser de bombes anti-moustiques spécial tropiques, formule renforcée, rien n'y fait, on en a partout, sur les bras, les chevilles, les jambes, le cou, la tête, les yeux, le nez, la bouche, des moustiques et encore des moustiques. Et ici, pas de croix érigée par un illuminé du 16ème siècle croyant arriver aux Indes en partant dans la mauvaise direction ni d'illumination naturelle de la mer, les seules lumières que l'on trouve sont celles des projecteurs montés sur la structure industrielle du site.

mardi 26 avril 2016

Farewell and Good Luck

Farewell and Good Luck. C'était écrit en gros sur une banderole autour de la piscine. Les nappes avaient été mises sur les tables et le banquet était garni à foison de plats de toutes sortes, si bien que l'on ne savait plus quoi prendre dans son assiette. Le repas fut copieux et le choix des desserts me laissa dans un état de perplexité avancé, hésitant sur celui qui allait finir de garnir mon assiette déjà bien remplie puis une fois le festin ingurgité, les enturbannés à rondelle sont montés sur l'estrade pour donner une raison au message sur la banderole. Ce n'était point comme je le pensais un message pour nous souhaiter un bon retour en France et bonne chance dans notre prochaine mission. Farewell and Good Luck. Moi je trouvais cela sympa pour ma dernière soirée sur le site. Non, je n'ai pas encore acquis cette célébrité que l'on m'adresse ainsi un message au milieu des lampions clignotants donnant des reflets multicolores à l'eau de la piscine. Mais cette célébrité que je n'ai pas, certains ce soir se seraient bien passés de l'avoir car l'enturbanné à rondelle qui parle annonce les noms des gens qui vont faire partie de la charrette de licenciement. Il l'annonce ainsi au micro devant tout le monde en citant des noms au milieu de Inch Allah et des "It is sad but it is life" ou des "you will go back to your family" qui sont sensés expliquer tout. 380 personnes seront ainsi concernées par le grand lessivage de la soirée. Remarque, le jour était bien choisi, c'était la Saint Marc...

vendredi 22 avril 2016

Le manouche, le caniche et la verrue plantaire

Sur le site, tout se passe bien sauf que trois énergumènes venus des bureaux à Abu Dhabi s'évertuent à rendre toute chose simple aussi compliqué que d'aller sur Mars avec un vélo. Il y a tout d'abord la verrue plantaire un crétin raciste et homophobe qui ne sait faire autre chose que gueuler et de vouloir donner des ordre dénués de sens. Celui-là, on arrive à le gérer en criant plus fort que lui et en le renvoyant à ses pénates dès qu'il arrive sur le site. Il repart tel un chien battu tout penaud la queue entre les jambes et retourne se plaindre à notre chef de site qui bien entendu nous donne raison. Le caniche n'est jamais sans son maître, le manouche et secoue la tête pour approuver tout ce que dit celui-ci et plus particulièrement si c'est une grosse connerie. D'ailleurs, les grosses conneries sont justement la spécialité du manouche qui passe son temps à dire n'importe quoi, à mentir comme un arracheur de dent et à se ridiculiser devant tout le monde et plus particulièrement les grands pontes de la production. Le problème est que c'est justement le manouche qui est sensé piloter le projet clef en main que nous réalisons mais les personnes de la production font tout ce qu'ils peuvent pour ne pas avoir affaire à cet empêcheur de marcher droit qui ne comprenant rien à rien cherche absolument à jeter son bac de merde pour arrêter la machine.

lundi 18 avril 2016

Les gazelles cendrées

Depuis mon arrivée au camp, c'est faute de temps que je n'ai pas écris car le boulot m'a pris tout mon temps et le peu de temps libre était consacré à manger, se reposer et dormir. Ce n'est donc qu'aujourd'hui que je répare mes oublis en écrivant quelques lignes. Le camp est un camp haut de gamme et donc on se retrouve en chambre individuelle avec tout le confort qui comprend deux piscines (malheureusement hors service pendant la période d'arrêt de production), une salle de sport gigantesque, un cinéma et même un bowling! Quant au site, on bossait jusqu'à hier à la ré-installation d'un compresseur après une intervention majeure de maintenance mais depuis ce midi on redémonte en partie ce que l'on vient de monter car le client en a décidé ainsi. Je ne rentre pas dans les détails car il faudrait que j'écrive dix pages. Alors on a redémonté et demain on renvoie la pièce en question pour inspection à Dubaï et on attend deux ou trois jours qu'elle revienne. Deux ou trois jours ou l'on ne va rien faire sinon essayer de voir les gazelles cendrées qui se promènent dans le désert ou aller à l'oasis du coin et voir le chateau fait par un émir.

lundi 11 avril 2016

Une merde rouge à quatre roues qui arbore un cheval comme sigle

Lundi à Abu Dhabi errant au milieu des magasins stériles sensés attirés la clientèle du seul fait du nom de leur enseigne. Prada, L'Oreal, Mont Blanc, Porche, Rolex, Cartier et Emporio Armani s'alignent là, dans chaque centre commercial tel des pièges à mouche emplis de miel. Mais rien d'authentique à dénicher, aucun bazar digne de ce nom, pas le moindre article qui ne soit pas estampillé d'un marque de luxe ou de pseudo luxe à en avoir la nausée. Abu Dhabi l'artificielle ou le pèquenaud du coin croit avoir atteint le nirvâna après avoir chaussé sa Rolex au volant de sa merde rouge à quatre roues qui arbore un cheval comme sigle.

mardi 22 mars 2016

Une semaine à Alexandrie

Une semaine à Alexandrie et retour. J'avais, avant mon départ, un a-priori sur la société Égyptienne construit autour des articles de presse qui relayaient les évènements survenant dans ce pays. Je voyais cette société comme assez troublée, meurtrie et divisée, prompt à une certaine violence et extrémisme parfois, peureuse face à la menace répressive et désabusée par le pouvoir. Si je ne me suis pas trompé sur certains points, surtout ma vision que j'avais de la circulation automobile, j'avoue avoir trouvé la majorité des gens chaleureux et hospitaliers. Les problèmes existent et les Égyptiens sont bien conscient que le chemin risque d'être long avant qu'ils trouvent une société complètement apaisée qui puisse à nouveau recevoir le touriste avec sérénité. Mais l'espoir et l'envie de profiter de la vie est la. 

jeudi 17 mars 2016

Cléopâtre, Alexandre le Grand, Jules César et Claude François

Quand on parle d'Alexandrie en Egypte, on pense au mieux à Cléopâtre, Alexandre le Grand et Jules César et au pire à Claude François mais on est loin d'imaginer une ville encerclée par les raffineries de pétrole et un port gigantesque, des immeubles sombres en béton nu, des ordures qui jonchent les trottoirs, des routes défoncées et une circulation kamikaze avec les voitures slalomant entre les camions qui ont la fâcheuse habitude de se mettre n'importe ou sur la chaussée et si possible à gauche, Pourtant, hormis le centre historique que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter, telle est la première impression que m'a dégagé la ville.

vendredi 18 décembre 2015

This afternoon

Après 28 jours ici et même je suis dans les meilleures conditions possibles, à savoir logé à l'hôtel en ville et non pas dans cet horrible camp annexe, il tarde de rentrer car j'ai de plus en plus de mal à supporter le vide sidéral qui remplit les cerveaux de beaucoup de personnes ici, pour peu qu'elles aient le moindre pouvoir aussi minime soit t'il. Que ce soit le contrôleur de badge, la secrétaire qui a oublié de réactiver ce même badge pour l'accès à la cantine alors qu'elle a reçu une dizaine de mails avec les signatures de tous les responsables possible pour prolonger celui-ci et qu'elle a elle même certifié par retour de mail qu'elle l'avait fait, ou alors la surveillante de cantine qui ne supporte pas que l'on garde son manteau alors qu'on a froid mais qui ne dit rien face à l'ouvrier avec la combinaison pleine de cambouis. Que dire des gens sensés faire un travail et que l'on attend des heures sur le site pour finalement les voir arriver sans outils juste un quart d'heure avant l'heure du repas et de les entendre dire "this afternoon". 

jeudi 17 décembre 2015

La cagoule spéciale braquage de banque

Je ne sais pas quel est l'idiot qui a dit que pour ne pas avoir froid, il suffisait de s'habiller, mais si je le vois, je lui dirais tout le mal que je peux penser de lui. Pour tout dire, j'ai sous ma combinaison de travail des collants thermo grand froid en laine spéciale mouton néo-zélandais mérinos, une paire de chaussettes épaisses avec les bottes rembourées, le t-shirt avec par dessus et sous la combinaison un sweat-shirt thermo grand froid du même mouton, une chemise à carreaux, la combinaison, une écharpe autour du cou, une cagoule en polaire, un bonnet par dessus, la parka igloo spécial très grand froid que l'on m'a passé ici, la capuche de la parka par dessus la cagoule et le bonnet, le casque, les gants en cuir doublés polaire, les lunettes de sécurité et j'ai encore froid. Faut dire que malgré tout cela, n'ayant pas la cagoule spéciale braquage de banque, j'ai encore le nez, la bouche et les joues à l'air et que cela suffit pour refroidir tout le reste. 

La machine à remonter le temps

Les Kazakhs ne le savent pas mais ils peuvent devenir très très riches car ils ont inventé la machine à remonter le temps. Pourtant, c'est là devant leurs yeux tous les jours, un site gigantesque qui a déjà coûté la bagatelle de 55 milliards de dollars (chiffres officiels) ou plutôt 150 milliards (chiffres officieux avancés par pas mal de monde ici) avec une addition qui continue de s'alourdir et un démarrage prévu officiellement l'année prochaine au 1er décembre mais qui là encore risque de ne jamais voir le jour. Car quoi qu'il se passe ici, toute avancée est forcément suivie d'un recul beaucoup plus important et quand on avance bien, c'est qu'il y a forcément un gros grain de sable dans la machine et qu'il ne va pas tarder à donner de ses nouvelles. Pour le coup, le dernier en date est déjà programmé, car on a  réussi à démarrer les deux derniers compresseurs que l'on avait déjà démarré il y a un an et demi et donc on va bientôt les démonter pour en mettre des nouveaux. On avance en utilisant ces compresseurs pour former le personnel exploitant qui avait déjà était formé il y a un an et demi mais qui depuis, turnover aidant, a changé de têtes, pour ensuite leur donner six mois sans rien qu'il se passe afin qu'ils oublient ce qu'ils ont appris ou qu'ils changent à nouveau de postes et qu'on les forment à nouveau à ce moment là. Du classique en somme. Pour vous, cela peut paraître étrange ou vous vous demandez si le ciel est tombé sur ma tête mais c'est juste que l'on est bien dans une machine à remonter le temps qui a toutefois quelques soubresauts qui explique les quelques avancées sporadiques que l'on peut rencontrer. 

mercredi 16 décembre 2015

La raison du sandwich

Quand on ne souhaite pas manger à la cantine car le menu ne convient pas vraiment, il y a toujours la possibilité de se faire faire un sandwich dans l'espace café et comme chez Subway on choisi ses ingrédients. Le choix est assez large entre le thon, le poulet, la viande, les concombres, les oeufs, le fromage, les tomates, la salade verte, les oignons donc on peut faire faire son sandwich à sa convenance mais seulement son sandwich car il est interdit d'en avoir deux. Les babouchkas qui servent s'y opposent fermement. On se dit alors que l'on limite la consommation car il n'y a pas assez d'ingrédients mais juste après la fabrication du sandwich la même babouchka sort une barquette et demande ce qu'on veut mettre dans la barquettes à savoir le même choix d'ingrédients que le sandwich hormis le pain. Pourtant derrière elle, il y a des pains préparés pour les sandwich à profusion prêts à être utilisés. On a essayé de leur expliquer que c'était la même chose, que juste on préférait avoir les ingrédients dans du pain plutôt que dans du plastique, que c'était plus pratique, meilleur et plus écologique mais alors soudain les visages se ferment, le peu d'anglais est oublié et les babouchkas ne comprennent plus que le russe ou le kazakh. Impossible de se faire comprendre, soit on accepte l’imbécillité de la règle comme ayant une raison profonde dont nous ignorons le but mais qui est forcément hautement raisonnable comme toutes les règles les plus ridicules que nous pouvons rencontrer ici ou alors on décide de retourner à la cantine manger le chou et le bout de viande bouillie qui ne nous a pas inspiré juste avant. On va dire que c'est la raison du sandwich.

jeudi 10 décembre 2015

Moins on avance, plus on ira loin

Au Kazakhstan c'est chaque jour retour vers le futur. Tu crois avancer mais en fait tu recules. Quand tu réussis à faire quelque chose, il y a forcément quelqu'un qui passe derrière toi pour le détruire avec si possible le maximum de dommages collatéraux afin que ce soit plus dur à reconstruire. Dans cette usine géante dont tout le monde dit qu'elle ne fonctionnera jamais, ils ont installé des machines qu'ils ont laissé rouiller plusieurs années pour après devoir les remettre à neuf. Puis ils ont installé des oléoducs pour après les détruire, en re fabriquer un nouveau pour faire joli, enfin ils enlèvent les premières machines qu'ils avaient réussi à faire fonctionner, une fois remises à neuf, pour finalement en mettre des neuves. Cette logique s'applique au moindre travail car la devise la plus comprise ici est "moins on avance, plus on ira loin"

dimanche 6 décembre 2015

L'encyclopédie du sniper

Tous les matins et tous les soirs, je me rends sur le site en mini bus en compagnie d'un Serbe, d'un Italien et d'un Écossais. L'Italien est la caricature parfaite de l'Italien parlant passionnément avec force de gestes de moto, de ski, et de la bella ragazza, cazzo. L'Ecossais viens de Glasgow et est un de ces piliers de bar qui écluse les bières les unes après les autres sans bouger d'un centimètre allant ainsi jusqu'au fin fond de la nuit et de se retrouver frais et dispo le lendemain, enfin tant qu'il ne dépasse pas ses propres limites de self contrôle, auquel cas la présence de l'Italien ou du Serbe n'est pas de trop pour le sortir du mauvais pas où il a envie, l'alcool aidant, de s'enfoncer. Quant au Serbe, on peut déjà écrire un pavé plus gros que toute la collection des sœurs Brontë réunies rien qu'en contant un résumé partiel de ses aventures. Un ancien sniper de l'armée Serbe en Bosnie qui en a vu des vertes et des pas mûres de toutes sortes, qui peut aussi bien parler de la mafia Serbe, de Kusturica que du musée d'Orsay, de Van Gogt, Rembrant ou Dali puis nous conter l'histoire de Sebreniza vue de son côté, du Kosovo et de la frustration vis à vis de la France qui les a attaqué alors qu'ils avaient une haute estime de celle ci pour les avoir aidé durant la grande guerre. Enfin nous conter comment un de ses collègues agressé par un autre a sorti son pistolet, enlevé toutes les balles du barillet sauf une, tourné le barillet, mis le pistolet sur sa tempe, tiré pour après pointer le pistolet sur la tempe de l'autre et lui demander s'il voulait continuer ou s'il allait sur le champ s'excuser. Félé mais radical. 

samedi 5 décembre 2015

Le sourire n'est pas légion

Le sourire n'est pas légion chez les contrôleurs de badge qui restent insensibles et parfaitement de marbre. Faut dire que l'on ne sait pas quelle pression hiérarchique ils subissent ni de quelle liberté d'interprétation ils disposent mais à mon avis les anciens temps ou le mur de Berlin était encore en place ont laissé des traces quasi indélébiles sur le comportement.

mercredi 2 décembre 2015

Mauvais comportement au point de vue de la sécurité

Mauvais comportement au point de vue de la sécurité. Le collègue qui a ainsi été noté sur le site, a t'il oublié de porter son casque? Ses gants? Ses chaussures de sécurité? Ses lunettes de protection? Avait-il son téléphone sur lui? Non, non non et non. Il avait tout simplement, alors qu'il se déplaçait sur la route qui le ramenait au bureau, ses mains dans les poches pour se protéger du froid... Il est bien connu qu'il est extrêmement dangereux de se promener avec les mains dans les poches alors qu'il fait moins 15 degrés dehors et qu'il vaut mieux les garder dehors même si on doit après amputer quelques doigts pour cause de gangrène. La première réaction, face à la personne qui gueule cela en russe puis fait comprendre par geste quel est le problème, est bien entendu de rigoler mais il faut particulièrement se méfier de ce que l'on trouve le plus ridicule car c'est justement cela qui est pris le plus au sérieux. Tout comme cet autre collègue qui a malheureusement jeté un mégot de cigarette dans le caniveau en ville et s'est fait illico arrêter par l'armée qui voulait alors le conduire au poste pour interrogatoire, si je n'avais pas sauvé la mise en leur donnant un billet de 2000 Tenge soit environ 6 euros qui les a tout de suite fait accepter le délit. D'autres qui ont refusé de faire un tel geste se sont vu annuler leur visa. 

dimanche 29 novembre 2015

367 days, 2 hours, 42 minutes, 5 seconds

Le compte à rebours est à 367 jours. Demain soir à minuit il sera très exactement à 366 jours, 0 heures, 0 minutes, 0 secondes soit à une année bissextile du soit disant futur redémarrage de la production qu'ils prévoient donc de démarrer le premier décembre 2016 à 00h. Enfin, ça, c'est la version optimiste des choses mais ils affichent les compteurs de compte à rebours partout, dans tous les bureaux, à la cantine, dans la salle récréative, partout histoire de bien laver le cerveau de toute personne qui pourrait sans cela être un tantinet dubitative. 367 days, 2 hours, 42 minutes, 5 seconds. 

vendredi 27 novembre 2015

Faire rentrer un éléphant dans un dé à coudre

J'avais oublié le cirque des badges. Retour dans le passé composé de contrôles permanents du passeport, du badge, de l'état de rasage qui doit être impeccable du matin comme du soir, quitte à ce que l'on doive encore aller se raser entre midi et deux alors qu'on l'a déjà fait le soir d'avant. La procédure avait été mise en place lorsqu'ils avaient imposé le port du masque de fuite sur le site, pour ne pas avoir soit disant de fuites en cas de barbe et de poils qui dépassent. Mais le masque de fuite a disparu en même temps que le site s'est arrêté, il y a de cela deux ans déjà, quand ils ont découvert que leur pipeline fuyait. D'ailleurs, c'est pour cela que l'on voit tous ces tuyaux de pipeline qui sont acheminés par train et qui sont stockés en attendant des jours meilleurs pour pouvoir les souder et ainsi avoir un nouveau pipeline tout neuf qui ne fuit pas, du moins on l'espère. Donc le masque de fuite a disparu comme le gaz sur le site, mais la procédure de rasage est restée. Leur dire que c'est totalement inutile ne sert à rien car dans ce cas là, ils ne comprennent plus que le russe ou le kazakh et en plus c'est comme vouloir faire rentrer un éléphant dans un dé à coudre, on a beau pousser, rien n'y fait. Si en plus on s'amuse à vouloir leur dire que même avec du gaz sur site, ça sert à rien car le masque est pressurisé et donc il n'y a pas de fuites possibles par les poils qui sont collés à la peau, alors là on s'expose à les représailles digne de l'époque Stalinienne. 

mercredi 25 novembre 2015

Une vie normale

Changement radical sur les conditions de vie ici au Kazakhstan. Le client a changé et cela se sent, fini le logement précaire dans le camp annexe pataugeant dans la boue pour accéder à sa chambre et se calfeutrant, chauffage d'appoint à fond espérant que les autres ne feront pas de même afin que les disjoncteurs tiennent toute la nuit et que l'on ne se réveille pas transit de froid en pleine nuit. Terminé les attentes interminables fouetté par le vent glacial pour prendre la navette qui va nous amener au camp de base ou l'on pourra prendre son petit déjeuner puis attendre de nouveau la navette qui nous amènera sur site. Dorénavant, je suis logé à l'hôtel en ville à 40 km du site et on vient nous chercher en mini bus le matin à la même heure que l'on partait du camp annexe pour aller déjeuner et on nous ramène le soir. La chambre est spacieuse, on peut boire une bière si on en a envie, on peut choisir son restaurant pour manger le soir. Une vie normale quoi.

vendredi 20 novembre 2015

Gymnase, piscine et plateau de fruits

Trouver, au sein même d'une entreprise, un gymnase et une piscine, ce n'est pas vraiment commun. Pourtant, ici, cela semble tout à fait normal. Comme il est tout à fait normal de distribuer à tout le personnel et ce quelque soit sa position et son bureau, un plateau de fruit pour pouvoir grignoter en attendant la pose café et celle du repas. Il faut dire que l'entreprise en question est un immense groupe alaskien qui est spécialisé dans le forage et la production pétrolière et qui ne manque pas de moyens. Mais je ne sais pas si l'on arrive à trouver le même standard de prestations dans n'importe quelle entreprise sur le sol français, qu'elle soit française ou étrangère.

jeudi 19 novembre 2015

Un vol des toucans au milieu du fjord

Stavanger, la capitale oil and gas de la Norvège, le centre névralgique de tout ce qui touche de près ou de loin avec le pétrole, le gaz ou les dérivés. Ne vous imaginez pas pour autant vous trouver dans une cité industrielle recouverte en permanence d'un nuage noir suffocant et avec les bruits des docks et des balais incessants des hélicoptères. Ici, on se trouve dans une petite ville tranquille au fond d'un fjord assez large pour ne pas être oppressant avec plein de petites baies et d'îles qui parsèment le paysage et quand on arrive du coté de la pleine mer, des plages prisées par les surfeurs du coin du fait de la présence de vagues régulières. Certes les hélicoptères, chargés de travailleurs joyeux ou tristes suivant qu'ils se dirigent vers la terre ferme ou qu'ils la quittent, mais vu de ce bord de mer idyllique on pourrait presque les confondre avec des vols de toucans au milieu du fjord si l'on laissait échapper un peu son imagination.

samedi 7 novembre 2015

Dans les limbes de l'inconnu.

Finalement arrivé à Aberdeen mais trop tard pour attraper le dernier vol du soir. Et même si je dois rester une nuit de plus en Écosse, il est de savoir que demain l'on sera partu à l'heure prévue et ne plus être dans les limbes de l'inconnu. 

vendredi 6 novembre 2015

Vouloir quitter Alcatraz sur un coup de tête

Quitter une plateforme en Mer du Nord au mois de novembre, c'est un peu comme vouloir quitter Alcatraz sur un coup de tête. Ici, ce ne sont pas les matons qui nous retiennent mais un élément météorologique que personne ne peut changer, le brouillard. Les hélicoptères ne volant pas en sa présence, nous voici cloué à la ferraille plantée en pleine mer avec rien n'a faire sinon attendre. Le départ prévu initialement hier n'ayant pas eu lieu et la corne de brume n'ayant cessé de mugir toute la nuit, nous nous efforçons quand même de rester optimiste mais une nouvelle nuit loin de la terre ferme n'est pas à exclure. 

dimanche 1 novembre 2015

La genèse

Retour aux origines, la ou tout à commencé ou presque, La genèse en quelque sorte, du moins en ce qui concerne mon expérience dans le monde du Oil and Gas. C'était il y a 9 ans presque jour pour jour que tout cela a débuté. Après une longue vie professionnelle dans le monde de l'automobile, j'ai basculé dans celui des énergies fossiles. Si le métier de base n'a pas vraiment changé, l'environnement est lui complètement différent et nettement plus serein. Fini le casse tête pour essayer de faire accepter son devis, finir par voir la marge de départ partir en fumée puis finalement devoir accepter de travailler avec une marge nulle ou négative. Terminé les heures de bureau à préparer l'installation devant un patron dubitatif qui ayant du baisser sa culotte pour obtenir ce marché ne met pas les moyens nécessaires pour que l'on puisse avancer correctement. Oublié les périodes de stress intense, lors de l'installation, ou il fallait travailler jour et nuit pendant les vacances des ouvriers pour que leurs installations tournent en temps et en heure quand ils revenaient encore plein de souvenirs de leurs congés payés et qu'ils découvraient les nouvelles lignes automatisées qui produisaient une voiture chaque minute. Et si par malheur ce n'était pas le cas, alors le constructeur faisait payer l'installateur à raison d'une voiture par minute de retard. Zappé les périodes interminables d'assistance au bon vouloir du client qui ne payait l'installation qu'une fois la liste des reste à faire complètement épuisée et qui prenait un malin plaisir de rajouter un point chaque fois que tu croyais en être venu à bout. Maintenant, je respire. Certes dans un environnement compliqué ou la sécurité prime sur l'action mais fini le stress.

jeudi 17 septembre 2015

Un cauchemar appelé Brésil

Pour certains, le Brésil sonne comme un pays de rêve et chaque fois que je leur dis que je pars là-bas, ils me disent: "Oh tu as de la chance". Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils sont très loin de la vérité. Je ne parle même pas des conditions exécrables dans laquelle on nous fait vivre en offshore et dont les Brésilien s’accommodent parfaitement, ni des mesures de sécurité inexistantes sur les mêmes plateformes et dont les Brésiliens en ignorent le danger, mais je parle de la vie à terre ou les riches se barricadent derrière des murs équipés de mirador et de caméras, ou l'on ne peut pas regarder la télévision sans avoir envie de gerber tellement les programmes sont d'une nullité inimaginable, prenant la populace pour les derniers des cons et se vautrant dans la bassesse et la vulgarité, des agressions quotidiennes, vol à l'arraché, meurtres, drogue et dont la police n'a même plus assez de moyens pour en venir à bout, de la corruption étatique qui, signe d'amélioration, a fini par être mise à jour, des bidonvilles tentaculaires qui s'étendent à perte de vue dès que l'on quitte les centre-villes, de la crise économique astronomique qui fait que tous les avantages concédés par Lula aux plus pauvres sont désormais remis en question, des folies de grandeur du même gouvernement qui s'obstine à organiser des jeux olympiques alors que la population n'a pas de quoi survivre, de la catastrophe écologique ignorée par les gouvernants qui fait que la forêt amazonienne est sacrifiée, les autochtones massacrés ou mourants du fait des maladies apportées par les prédateurs de la race humaine avide de bois exotique, de soja, d'or ou d'autres denrées que la forêt n'a pas su assez cacher. Tout cela font que pour beaucoup le rêve est plutôt un cauchemar. Un cauchemar appelé Brésil.

dimanche 13 septembre 2015

Les salles de télévisions phagocytées par les amateurs de football

Je n'en peux plus de grelotter à l'intérieur de cette salle électrique, le seul endroit ou je peux me connecter sur internet et donc mon lieu de repli mais également l'endroit ou les clims crachent à plein pot pour refroidir les armoires. Heureusement, dehors, même avec un temps maussade comme aujourd'hui, il fait bon. Oui, mais quoi faire dehors, je vais bien quatre ou cinq fois par jour à l'autre bout du navire, voir les installations qui ne tournent pas et ou rien ne se passe sinon une armée de peintres qui profitent de l'arrêt général de la production pour repeindre le sol et les piliers qui ont eu tendance à rouiller avec l'air marin. Je reste quelques instants à scruter l'horizon espérant voir un quelconque mammifère marin sauter au dessus de l'eau mais je ne vois jamais rien sinon les autres navires usine au loin ou d'autres pékins comme moi regardent la mer en espérant bientôt rentrer chez eux. Un petit tour à la base vie pour aller aux toilettes et boire un café mais sans vraiment aucun endroit pour me reposer car les bureaux ne me sont pas accessible (uniquement au personnel Petrobras), le réfectoire fermé en dehors des heures de repas ou la pose casse croute et la chambre occupée par un night-shift qu'il ne faut pas déranger. Donc retour dans le frigo ambiant en attendant qu'enfin ils démarrent les installations et que j'ai à m'occuper. Mais cela n'a pas l'air d'être prêt d'arriver.
Le soir est guère mieux, sinon que je peux rentrer dans ma chambre, prendre ma douche juste avant d'aller manger, puis de retour dans la chambre je regarde un film et je fini par lire mon livre. Seule autre activité possible, se gaver de télévision brésilienne, ce que j'essaye d'éviter même si les co-locataires de la chambre ne l'entendent pas ainsi et laisse tourner la télévision jusqu'au moment de s'endormir. Pas de salle de gymnastique, rien d'autre que les salles de télévisions phagocytées par les amateurs de football.

jeudi 10 septembre 2015

En combinaison Guatanamo

Lorsqu'on travaille sur une plateforme ou un navire usine (FPSO) au Brésil, il y a pas mal de choses qui dérangent quand on n'est pas habitué et même après
Tout d'abord, le linge qu'il faut soit même laver, le service de lingerie ne se contentant de laver que les combinaisons de travail et encore fait il qu'elles ne soient ni maculées de cambouis ni de peinture, autrement dit, ils ne lavent que les combinaisons propres. Quant à nous, il nous reste à laver les T-shirts, slips et chaussettes dans le petit lavabo de la chambre de 4 personnes et d'étendre cela sur les mini-radiateurs sèche serviettes en serpentin s'allouant seulement deux serpentins par personne. Ensuite, alors que sur les autres sites il est strictement interdit de rentrer dans la base vie en combinaison de travail, ici c'est presque le contraire, tout le monde va manger en combinaison Guatanamo qu'elle soit propre ou maculée d'huile et ils ne quittent celle-ci qu'une fois dans leur chambre et j'étais bien le seul habillé en civil hier soir au moment du repas. 
Enfin, quand on sort pour travailler, on doit faire super attention de ne pas se casser la gueule sur les chaussées d'évacuation qui sont devenu des toboggans tellement il y a eu de l'huile dessus qui n'a jamais été nettoyée. Mais ici, tout le monde s'en fout. Quand ce n'est pas l'huile qui se répand par terre, c'est de la vapeur d'eau qui tombe d'on ne sait ou ou on ne sait quel produit qui vous arrose lorsque vous circulez d'un point à un autre du navire. 

jeudi 3 septembre 2015

Report de démob

Après un deuxième report de ma démob, il y a faillit en avoir un troisième quand hier in-extrémis ils ont voulu me prolonger un jour de plus. Mais cette fois, j'ai dis non. Je repars lundi matin pour trois semaines au Brésil et je ne pouvais tout simplement pas n'avoir qu'un week-end à la maison. Surtout quand on averti à 19h. La conséquence est que lorsque je me suis présenté ce matin à 5h45 au check-in de l'hélicoptère, j'ai appris que j'avais été déprogrammé et reprogrammé à vendredi. Branle-bas de combat, je redescend les 6 étages depuis l'héli-admin jusqu'aux bureaux pour voir le responsable qui avait oublié de rechanger le vol et me programme à nouveau pour un check-in à neuf heure avec départ depuis la plateforme de forage attenante. Ouf.

mardi 1 septembre 2015

La tremblante du mouton

J'ai enfin pu me faire un café avec une cafetière à piston. Quelqu'un ayant oublié de ranger son paquet de café, j'ai sauté dessus comme un vrai enragé et je me suis fait un café serré de chez serré et j'avoue qu'après toute cette période de sevrage forcé, j'ai vraiment apprécié. Je ne manquerai pas d'y retourner ce soir juste avant de me coucher, des fois qu'il n'ait pas encore rangé le paquet. Ça avec le fait qu'après quatre jours de galère j'ai enfin pu démarrer correctement le compresseur sans qu'il ait la la tremblante du mouton. Et ce qui m’intéresse le plus dans l'affaire, c'est que je vais pouvoir repartir tranquille à la maison.

dimanche 30 août 2015

Le koala ne m'a pas suivi

Sur une plateforme en Mer du Nord, 12 degrés dehors et à peine plus à l'intérieur avec leur clim réglée à fond et ces Écossais qui ont l'habitude de vivre dans un frigidaire. Même pas un café pour se réchauffer, eux ils se réchauffent l'intérieur avec leur eau chaude colorée qu'ils appellent ti mais j'ai du mal avec tout ce qui est eau chaude en trop grande proportion et ne parlons pas du café instantané, c'est carrément imbuvable donc je me trouve soudain en méga crise de manque de caféine. Maux de tête, problèmes pour s'endormir (et oui, un café bien serré le soir et je dors comme un koala). Le koala n'a pas voulu me suivre et je dois donc m'accomoder de la température et de mon seuvrage. Mais heureusement en dehors de ca, comme toutes les plateformes de Mer du Nord, le confort est largement au dessus des normes africaines, brésiliennes ou indonésiennes.

lundi 20 juillet 2015

Un jour sans fin

Il y a un film qui passait au cinéma il y a une vingtaine d'année qui racontait la journée d'un personne qui se répétait indéfiniment encore et encore. Un jour sans fin, c'était le titre. Et bien, ici, j'ai l'impression d'être dans ce film que le disque s'est rayé pendant la nuit et qu'on recommence exactement la même journée encore et encore. Se lever le matin, descendre au petit déjeuner, aller vérifier ses emails, faire un petit tour sur le site histoire de s'occuper, revenir au bureau, chercher désespérément quelque chose à faire en fouillant dans son ordinateur, classant les photos des années passées, planifiant les travaux qui reste à réaliser chez soi ou surfant sur le net à la recherche désespérée de l'objet indispensable dont on aurait besoin dans un futur immédiat, puis c'est l'heure du déjeuner, petite sieste, de nouveau ordinateur puis visite sur le site, téléphone à la maison (le seul événement digne d’intérêt), petite séance de sport rapide, douche, repas du soir, film sur son lit et on se couche prêt à recommencer le lendemain. Heureusement, un matin tout d'un coup le disque n'est plus rayé et c'est le jour ou l'on saute dans l'hélicoptère pour repartir à terre, ce jour là c'est dans deux jour maintenant, ce mercredi et je l'attend avec impatience.

samedi 4 juillet 2015

Une gréve peut en cacher une autre

Une gréve peut en cacher une autre et en l’occurrence c'est bien le cas. A peine la première gréve terminée avec indemnisation de 1500 euros par gréviste que le personnel d'un autre sous-traitant a également mis les barrages en oeuvre afin que personne ne puisse débarquer de la barge qui est au large et qui est fournisseuse de personnel de construction ou a l’entrée de la deuxième plateforme qui est encore en construction. Encore un problème d'argent et plus particulièrement de corruption car la société en question a bien touchée l'argent de Total mais ne l'a pas reversé à son personnel qui n'a obtenu que la moitié de ses indemnités, le reste étant parti en fumée dans les poches de je ne sais quel corrompu véreux qui s'est bien engraissé sur le dos des travailleurs ici sur site. Du coup, ils sont remontés à bloc et la présence d'un médiateur du gouvernement n'a pas réussi à calmer la situation.

vendredi 3 juillet 2015

Le robinet d’arrêt de la douche

Cela fait quatre jours que l'on cherche désespérément le robinet d’arrêt de la douche sans arriver a le trouver. Chaque fois que l'on sort dehors pour aller travailler, on y a droit et la traversée du pont reliant les deux plateformes suffit pour transformer nos combinaisons orange en un chiffon informe dégoulinant. Et cela ne semble pas prêt de s’arrêter, le ciel est toujours noir et le soleil semble s’être envolé vers d'autres cieux caniculaires.

dimanche 28 juin 2015

La grève

La grève a durée trois jours. Trois jours pendant lesquels plus personne ne pouvait passer pour aller sur la dernière plateforme encore en construction, celle pour laquelle il faut franchir deux ponts depuis la base vie et celle ou je n'ai encore jamais mis les pieds car je n'y travaille pas. Mais ceux qui devaient aller là bas ont du se cantonner à des travaux de moindre importance sur la première plateforme de production ou rester bien sagement dans la base vie à attendre que ça se passe. Les grèves sont généralement dures ici et les revendications sont toujours les mêmes, plus d'argent. Pourtant cette fois-ci, ce n'était pas une simple extorsion de fonds comme les autres fois mais une revendication plutôt légitime qui concernait une vingtaine d’échafaudeurs d'une société contractante. Le travail finit sur la dernière plateforme en construction on leur demandait de partir mais leur contrat spécifiait qu'ils étaient embauchés sur celle-ci jusqu'à fin septembre et ils demandaient donc à ce que les trois mois manquant leur soit payé. Refus de leur direction d'ou le blocage. Coût de l'opération pour les trois mois manquant, d'après les dires de certains, environ 1000 euros par ouvrier pour couvrir toute la période. La pression a dû payer car la grève s'est subitement terminée.